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Français de France ou français de Belgique ?

Parlons-nous la même langue ?

Un client néerlandophone nous confie un jour une mission inhabituelle : pourriez-vous traduire ce texte du français de Belgique au français de France ?

Euh... Par définition, le français est de... France. Et même si le français pratiqué en Belgique diffère par quelques nuances à celui parlé outre-Quiévrain, un texte bien rédigé à Bruxelles a autant de chances de mettre dans le mille à Paris ou à Marseille. Quoique ?

Penchons-nous sur les différences linguistiques et surtout culturelles entre la Belgique et la France qui justifient peut-être cette mission de notre client. Après tout, la langue n'est pas tout. La culture joue aussi un rôle central. Et bien connaître et comprendre celle du lecteur de votre texte maximise vos chances de réussite.

Y a-t-il des différences entre le français de Belgique et le français de France ?

Rassurez-vous : au niveau orthographique, grammatical et syntaxique, il n'y en a aucune. La preuve ? Maurice Grevisse, un des meilleurs grammairiens de la langue de Voltaire, était... belge. Ce n'est pas le cas de l'anglais, par exemple, où l'orthographe varie selon que vous êtes au Royaume-Uni ou en Amérique. Ni de l'espagnol, dont même le sens des mots diffère selon que vous êtes à Madrid ou à Buenos Aires.

Les choses se corsent sur des détails. L'inévitable "soixante-dix" pour "septante". Ou les typiquement belges "à tantôt" et "ring", qui se disent "à tout à l'heure" et "périphérique" dès que vous passez la frontière. Tout cela est évident et nos cerveaux sont habitués à "faire la traduction" dès que nous commençons à payer les autoroutes hexagonales.

D'autres subtilités sont pourtant plus insidieuses. Quelques exemples ? Si vous avez une cloche en Belgique, vous avez une ampoule en France. Si vous utilisez un essuie-mains à Namur, vous utilisez une serviette à Toulouse. Si vous achetez un ballotin de pralines à Bruxelles, vous achetez une boîte de chocolats à Paris. Et si vous êtes en écolage à Liège, vous êtes en apprentissage à Lyon. La liste des belgicismes recensés à ce jour compte environ 300 locutions dont la signification n'est pas exactement la même selon que vous êtes en Belgique ou en France. Quand on sait que le français courant compte environ 50.000 mots, les exceptions restent donc marginales.

Où se situe alors le danger ?

À quelques exceptions près, le français est le même de Bruxelles à Marseille. Quelles sont alors les différences ? Facile : la culture. Les Belges francophones sont certes très proches de la culture française, mais malgré tout empreints d'un état d'esprit plus anglo-saxon, qu'ils ont en commun avec leurs compatriotes néerlandophones. Ça s'appelle la "belgitude" et elle se révèle à travers certains aspects qui peuvent avoir un impact décisif sur votre rédactionnel :

  • les Belges sont plus "conviviaux", les Français sont plus "formels" : un Liégeois saluera facilement un Namurois en l'embrassant. Un Lyonnais et un Parisien échangeront plutôt une poignée de main. Tenez-en compte dans vos textes : une formulation trop informelle heurtera un Français ;
  • les Français ont un vocabulaire plus précis : en France, des mots comme "pérenniser" ou "rédhibitoire" se pratiquent dès le CP (la première primaire en Belgique). En Belgique francophone, un tel vocabulaire paraît malheureusement suranné, voire snob ;
  • les anglicismes sont monnaie courante en Belgique, nettement moins en France : depuis la loi Toubon qui impose la traduction en français du moindre slogan formulé dans une autre langue, les Français livrent une chasse incessante aux anglicismes. Même s'ils sont toujours pratiqués dans un cadre informel ou entre collègues de bureau, leur utilisation dans une communication commerciale de masse est très mal vue. C'est moins le cas en Belgique ;
  • les Français transforment des sigles en mots : un EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) en France ? Une maison de repos en Belgique. Un RIB (relevé d'identité bancaire) ? Un numéro de compte bancaire. Les Français ont tendance à abréger des concepts complexes en quelques lettres, qui deviennent rapidement des mots du quotidien. Les Belges francophones sont plus conservateurs à cet égard.

Que faire ?

Pas de stress : nos copywriters pratiquent le français standard, en l'occurrence un français compréhensible des deux côtés de la frontière et même en Suisse ou au Canada. En fonction du groupe cible que vous souhaitez toucher, nous adaptons cependant le texte pour qu'il soit parfaitement conforme aux attentes culturelles d'un Français ou d'un Belge. Quitte à vous en proposer deux versions ! Avec les rédacteurs de Novasys, les petites différences qui font le piment du français ne seront plus jamais un obstacle à vos affaires.