Le copywriter : cauchemar de l'académicien ?

Le copywriting est assurément la forme de rédaction qui permet de prendre le plus de libertés avec la langue. Les copywriters font ainsi évoluer le français en le débarrassant du carcan d'une grammaire trop rigide et d'un vocabulaire figé.

Quelques exemples ? Les phrases sans verbe. Les phrases sans complément. Et même les phrases sans sujet. Les néologismes. L'inclusion du français parlé dans l'écrit et du français écrit dans le parlé. En bref ? Un joyeux melting-pot qui n'a qu'un objectif : propulser votre chiffre d'affaires, quitte à se mettre le Petit Robert à dos !

Un cauchemar pour les académiciens !

Respectez la langue, mais faites-la swinguer

Découvrez ici le catalogue des horreurs pour un professeur de français. Mais autant de méthodes efficaces pour donner du rythme et du piment à votre texte.

  • Poser une question. Quelle formule sonne le mieux : "Souhaitez-vous acheter une voiture ?" ou "Envie de plus de mobilité ?". La première est parfaite sur le plan de la syntaxe, mais tombe à plat. La seconde est grammaticalement douteuse, mais efficace. Alors oui : un copywriter peut tirer un trait sur la syntaxe classique d'une formule interrogative et même transformer une affirmation en question en ajoutant un point d’interrogation.
  • Commencer une phrase par une préposition ou une conjonction. Une horreur ! Et pourtant, c'est le meilleur moyen de donner du rythme à votre discours. Un copywriter peut commencer une phrase par une préposition ou une conjonction. Mais avec discernement. Comme dans ce paragraphe.
  • Oublier le verbe. Une phrase sans verbe ? Pourquoi pas ? Une approche efficace. Vivante. Persuasive par la succession de mots clés. Pas de soucis : vous pouvez ponctuer votre texte de phrases exemptes de verbes.
  • Parler plutôt qu'écrire. Le français est, avec l'italien, une des plus belles langues du monde. Il a un rythme inouï, un phrasé inégalé. Laissez-vous griser par son tempo. Écrivez comme si vous parliez. Car vous ne parlez jamais comme vous écrivez.
  • Penser en termes de slogan. Un académicien écrira : "Vous pouvez réserver vos vacances aux sports d'hiver en profitant d'une réduction temporaire attrayante". C’est bien. Le copywriter dira plutôt : "Cap sur les pistes enneigées, une belle réduction à la clé !". C’est cool et ça fait toute la différence.
  • Éjecter les adverbes. Donnez toujours la priorité au sujet et au verbe, jamais aux adverbes. N'écrivez pas : "En effet, un copywriter peut prendre des libertés avec la langue". Dites plutôt : "Un copywriter peut, en effet, prendre des libertés avec la langue".
  • Privilégier la simplicité. Ne sous-estimez pas le lecteur... mais n'en profitez pas pour étaler votre culture. Optez toujours pour la voie la plus simple. Un exemple ? Le mot "superfétatoire" est drôle, élégant et original. Dites plutôt "superflu". Moins léché, certes. Mais nettement plus courant !


Liberté, mais respect

Les libertés que le copywriter peut prendre sont énormes... Une chose est sûre : il les prend toujours dans le plus grand respect de la langue, car il l'aime plus que tout. Et elle le lui rend bien. Prenez contact. Sans arrière-pensée, sans engagement. Juste pour le plaisir de discuter.